Umasoma 𓂃𓂃 Pourquoi je n’utilise pas le concept de « l’enfant intérieur »
Pourquoi je n’utilise pas le concept de l’enfant intérieur en thérapie?
Dans le champ du développement personnel, de la psychothérapie et même de certaines approches dites somatiques, le concept d’« enfant intérieur » est devenu omniprésent.
On invite à le retrouver, à l’écouter, à le rassurer, à dialoguer avec lui, parfois à le réparer.
Je comprends l’intention derrière cette approche. Elle tente de mettre des mots sur le fait que des expériences précoces continuent d’avoir un impact sur la vie adulte. Elle cherche à rendre visible la souffrance liée à l’enfance, notamment dans les contextes de trauma, d’attachement insécure ou de carences relationnelles.
Pourtant, malgré cette intention louable, je n’utilise pas ce concept dans ma pratique thérapeutique.
Non par opposition idéologique.
Mais parce que, du point de vue clinique, relationnel et somatique, il me semble poser un problème fondamental.
Il n’y a plus d’enfant...
Il y a un adulte, ici et maintenant, à qui il est arrivé quelque chose lorsqu’il était enfant.
Cette distinction est centrale dans mon travail, notamment dans les approches Somatic Experiencing, NARM (NeuroAffective Relational Model) et dans l’accompagnement des personnes présentant un attachement insécure.
Lorsque l’on parle d’« enfant intérieur », on introduit implicitement une fragmentation de l’identité. Comme s’il existait, à l’intérieur de la personne, plusieurs entités distinctes : un adulte fonctionnel, un enfant blessé, parfois un observateur chargé de faire le lien ou de réparer.
Or, les personnes que j’accompagne arrivent souvent déjà avec un sentiment de morcellement interne. Elles se sentent divisées entre ce qu’elles pensent, ce qu’elles ressentent et ce qu’elles font. Dans ces cas-là, renforcer l’idée de parties infantiles séparées peut accentuer cette dissociation plutôt que la résorber.
Dans les approches somatiques, et en particulier en Somatic Experiencing, on ne considère pas que le trauma vit sous la forme d’un enfant figé dans le passé.
Le trauma est compris comme une organisation actuelle du système nerveux .
Il est une réponse corporelle et physiologique qui n’a pas pu se terminer au moment où l’événement a eu lieu.
Ce qui a été vécu enfant ne se manifeste pas aujourd’hui comme une voix infantile intérieure.
Cela se manifeste dans le corps adulte, dans les réactions émotionnelles, dans les stratégies relationnelles, dans les réponses de figement, de fuite, de lutte ou de suradaptation.
Ce n’est pas un enfant qui réagit.
C’est un organisme adulte qui continue à utiliser des stratégies de survie mises en place très tôt.
Dans le NARM, cette perspective est essentielle. On ne pathologise pas ces stratégies. On les reconnaît comme des réponses intelligentes à un environnement relationnel donné, souvent marqué par l’insécurité, l’incohérence, l’absence de soutien ou l’intrusion.
L’hyperadaptation, la coupure émotionnelle, le contrôle, la dépendance affective ou l’évitement relationnel ne sont pas des comportements infantiles.
Ce sont des stratégies de survie liées à l’attachement insécure, qui continuent d’opérer à l’âge adulte tant qu’elles n’ont pas été reconnues et intégrées.
C’est pour cette raison que je travaille avec la conscience adulte.
Non pas pour nier la vulnérabilité.
Mais pour redonner à la personne une capacité d’agir, de sentir et de choisir, ici et maintenant.
S’adresser à un « enfant intérieur » peut, dans certains contextes, renforcer une posture d’impuissance ou de dépendance : comme si quelque chose devait être sauvé, réparé ou pris en charge par une autre partie de soi ou par le thérapeute. Cette dynamique peut involontairement glisser vers une forme d’infantilisation du processus thérapeutique.
Dans mon approche, je m’adresse à l’adulte présent dans la séance.
Un adulte avec une histoire, certes, mais aussi avec une capacité de perception, de discernement et de conscience que l’enfant n’avait pas à l’époque.
C’est précisément cette conscience adulte qui permet une transformation en profondeur.
Dans le travail en Somatic Experiencing, l’attention est portée sur ce qui se passe maintenant dans le corps : sensations, micro-mouvements, rythmes, variations d’activation du système nerveux. On ne demande pas à la personne de retourner dans l’enfance, mais d’observer comment son corps réagit aujourd’hui, en sécurité relative, dans la relation thérapeutique.
De la même manière, le NARM met l’accent sur la relation, l’identité et l’attachement, sans enfermer la personne dans une narration infantile. Il s’agit d’explorer comment les expériences précoces ont façonné l’identité adulte, et comment certaines adaptations, autrefois nécessaires, peuvent aujourd’hui être assouplies.
Travailler avec l’adulte ne signifie pas nier la souffrance de l’enfant que la personne a été.
Cela signifie refuser de figer cette souffrance dans une identité infantile permanente.
Beaucoup de blessures liées à l’attachement insécure se sont construites dans la relation. Et c’est souvent dans une relation thérapeutique sécurisée, respectueuse du rythme, des limites et du système nerveux de la personne, que quelque chose peut se transformer.
Pas dans un dialogue imaginaire avec une partie intérieure.
Mais dans une expérience vécue de cohérence, de présence et de non-intrusion.
Il ne s’agit pas de retourner dans l’enfance.
Il s’agit d’amener de la conscience adulte là où, autrefois, il n’y avait pas de choix possible.
C’est cette posture qui, à mes yeux, soutient un véritable processus thérapeutique:
non pas réparer un enfant intérieur, mais permettre à l’adulte d’intégrer ce qui lui est arrivé, dans son corps, son système nerveux et sa relation au monde.
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UmaSoma
Thérapeute psychocorporelle à Bruxelles
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