Umasoma 𓂃𓂃 L’inconscience ordinaire
Conscience corporelle :
Sortir de l'inconscience ordinaire
Comment cultiver la conscience corporelle quand tout, autour de nous, nous pousse à nous déconnecter ?
Il est là, à quelques mètres de moi. Assis sur une chaise de plage, face à la mer. Il a une margarita dans une main, une cigarette dans l’autre, et un téléphone greffé au regard. Le bleu de l’écran lui donne un teint fantomatique pendant que le vent du soir souffle sur la peau, chaud. Les étoiles s’installent au-dessus de nous, la Voie lactée trace son chemin grandiose dans l’immensité de ce ciel, pendant que le sable s’imprime lentement sous nos pieds.
Et moi, je l’observe. Non pas pour le juger, mais parce qu’il me touche. Parce que je le reconnais. Parce qu’il incarne ce réflexe que nous avons tous à un moment ou un autre : quitter l’instant, même (ou surtout) quand il est beau, fort, vibrant. C’est souvent le signe d’un manque de conscience corporelle.
Ces gestes qui nous coupent de la présence
Boire, fumer, scroller, zapper, répondre machinalement, chercher la prochaine stimulation… Ce sont souvent des gestes anodins, banals, que personne ne viendra pointer du doigt comme problématiques.
On ne parle pas ici d’addictions majeures, de comportements profondément destructeurs.
On parle de ces petites absences quotidiennes, de ces réflexes appris pour ne pas sentir.
Là où il y a du vent, de la musique, le bruit des vagues, des rencontres possibles, une autre culture, des odeurs… il y a aussi la possibilité de se sentir vivant. Et ça, parfois, c’est trop.
Alors on se déconnecte.
Ce n’est pas tant le geste qui me frappe: le téléphone, la bière, la cigarette.
C’est ce que j’observe en filigrane.
Ce besoin d’interrompre quelque chose. De créer une distance. De flouter l’instant. Comme un réflexe de protection, une manière d’amortir l’intensité du moment, d’éviter ce qui pourrait trop remuer, trop toucher, trop réveiller. Parfois même ce qui pourrait faire du bien. Retrouver un peu de ressenti corporel, même bref, change déjà la donne.
Une régulation qui nous isole de nous-mêmes
Dans mon approche en thérapie somatique, et particulièrement dans le travail avec le NARM (NeuroAffective Relational Model), on ne cherche pas à changer ces comportements de force.
On les regarde.
On les interroge.
On leur redonne leur fonction : celle de protéger. Mais on réintroduit aussi du choix, du lien, du contact avec le corps. On réintroduit aussi un ancrage dans le corps.
La présence, ça ne se décrète pas. Elle se cultive. Et elle commence souvent par un détail.
Un détail comme sentir le vent sur sa peau.
Entendre qu’il y a de la musique.
Remarquer le goût de ce qu’on boit.
Ou simplement poser la main sur son ventre, sans rien chercher à modifier.
Ces micro-instants de conscience corporelle sont des fenêtres. Des portes d’entrée vers nous-mêmes. Et parfois, une gorgée, une pensée, suffisent à nous y ramener.





C’est là toute la subtilité du ressenti corporel : il inclut aussi ces moments de retrait. Et puis il y a ce paradoxe. Ce besoin si humain d’être en lien… et en même temps, ce besoin tout aussi vital de s’en retirer.
On parle souvent de la connexion à soi, de la présence comme un idéal. Mais on oublie parfois que la déconnexion fait partie du mouvement de régulation. Ce n’est pas une erreur du système. C’est un mécanisme.
Notre système nerveux ne peut pas tout encaisser, tout ressentir, tout le temps. Il a besoin de pauses, d’échappées, de flottement. La présence corporelle ne s’impose pas, elle se réapprivoise doucement.
Alors parfois, ce n’est pas une fuite. C’est une manière de tenir debout. De ne pas se dissoudre dans ce qui déborde.
Et peut-être que le chemin vers la présence ne commence pas par une injonction à “être là”, mais par un espace de douceur envers nos absences. C’est peut-être ça, finalement, la vraie conscience corporelle.
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Umasoma
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Uma Aûm
Thérapeute psychocorporelle à Bruxelles
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Je suis thérapeute psychocorporelle à Bruxelles et j’accompagne celles et ceux qui souhaitent retrouver un souffle libre, profond et revitalisant. La respiration consciente, au cœur du breathwork, est un outil puissant pour apaiser l’esprit, libérer les tensions et rétablir l’harmonie intérieure.
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L’approche somatique invite à sentir, à respirer, à renouer avec le vivant.